Les mines

Diverses bases de données décrivaient les mines de façon détaillée. Elles ne peuvent plus être consultées. 

La seule restant sur INTERNET (à notre connaissance) est :

ORDATA, du gouvernement US, peu conviviale   ou sous une forme nouvelle

Définitions

La mine est un engin pyrotechnique mis en oeuvre directement par sa cible, hors surveillance de celui qui l'a posée.

Une fois en place, elle reste active tant qu'elle n'a pas explosé ou que le dispositif de sécurité (goupille) n'est pas remis en place. La durée de vie est longue (inconnue).

Classification : on distingue les mines

Par leur cible (antichar - AC ou AT - ou antipersonnel - AP) ; la discrimination entre les cibles s'opère en général par la force nécessaire pour provoquer son déclenchement : poids de quelques kilos pour l'AP, de quelques centaines de kilos pour l'AT.

Par leur type d'action : pour les AP, c'est soit l'effet de souffle (arrachement du membre qui provoque l'amorçage), soit des éclats (la gerbe d'éclat agit non seulement sur ce qui a déclenché la mine, mais aussi dans un rayon de quelques dizaines, voire la centaine de mètres). Le premier type de mine est déclenché par action directe de la future victime sur le dispositif d'amorçage ; le deuxième type est relié à un ou plusieurs fils - pièges ; une traction ou un relâchement de la tension du fil provoque le déclenchement de la mine.

description d'une mine

Le schéma simplifié ci-dessous explique le fonctionnement d'une mine à effet de souffle.

Une force suffisante exercée sur le couvercle extérieur souple enfonce et inverse le diaphragme conique (qui  agit comme un ressort de Belleville) et le percuteur frappe l'amorce pyrotechnique devant le détonateur , celui-ci induit l'explosion de l'explosif secondaire. La masse d'explosif (souvent inférieure à 100 g) suffit pour arracher un membre. La quantité de métal est limitée à une fraction de gramme : le percuteur. Quelques rares mines sont entièrement exemptes de métal ; une forte proportion en contient une quantité très faible, suffisante cependant pour être détectée par un détecteur de métal, à condition que sa sensibilité soit poussée au maximum, ce qui s'accompagne de nombreuses fausses alarmes.

Types de mines

Il existe plusieurs types de mines AP à effet de souffle :

Les plus courantes correspondent à la description ci-dessus ; une bonne partie d'entre elles sont construites pour être insensibles à une pression uniforme, de courte durée (VS50 à amortisseur pneumatique), ou bien la force déclenchante doit produire un basculement et non un déplacement axial (PMA 3). Ces mines peuvent être enterrées ou simplement posées sur le sol.


mine VS50

mine PMA2 (l'étoile dépasse du sol)

mine PMA 3 à basculement

mine PFM-1, à explosif liquide, dispersée par hélico ou obus

Certaines mines sont faites pour être dispersées en grande quantité par aéronef, véhicule, voire par obus. Ces mines restent alors en surface. Certaines de ces mines sont sensibles au déplacement et explosent quand on les ramasse (mines "papillon" PFM-1, très utilisées en Afghanistan par exemple)

  Les mines à éclats génèrent une gerbe d'éclats métalliques, qui tue ou blesse dans un rayon de plusieurs dizaines de mètres. 

On distingue plusieurs modèles de mines à éclats :


mine-piquet
 
mine bondissante   

mine à effet dirigé

Toutes ces mines à éclats sont actionnées par des fils - pièges ; elles agissent par une traction sur les fils, parfois par relâchement de la tension du fil.

Ces mines sont plus visibles (en surface) que les mines à effet de souffle ; le déminage doit d'abord les éliminer. Il s'agit de suivre les fils de piégeage, jusqu'aux deux extrémités, tout en prenant garde aux mines à effet de souffle, enterrées. La végétation peut dissimuler les mines et les fils ; son élimination est délicate et dangereuse.

Modes de déclenchement des mines

Le tableau indique les caractéristiques de quelques mines, parmi les plus répandues, avec leur type de déclenchement. La mine la plus classique comporte un plateau de pression (surface entre 10 et 100 cm²), sur lequel l'action d'une force comprime un ressort (Ress pour les ressorts droits, Bel. pour les ressorts de Belleville). Lorsque la force est suffisante, un percuteur est libéré et déclenche l'explosion de la mine. Une variante consiste à remplacer le ressort par un obstacle fragile, dont la rupture (Cass.) par une force suffisante sur le plateau de pression déclenche la mine. Dans les deux cas, la force est verticale et correspond à une fraction de la force développée sur le sol par un homme en marche, entre 20 et 200 N.

Nom de la
mine
Type de
déclenchement
Surface du plateau
de pression
Force
déclenchante
Pression de
déclenchement
72   Bel. 44 cm² 5-10 kg 2,3 . 104 N/m²
MI AP V 59 Cass. 3 cm² 5 kg 17 . 104 N/m²
VS-50 Ress. + pneu. 19 cm² 10 kg  5 . 104 N/m²
PMN  Ress. 80 cm² 8 – 25 kg 3 . 104 N/m²
M14 Bel. 18 cm² 9 – 16 kg 9 . 104 N/m²
PMA-1  Cass.  42 cm² > 3 kg 3 . 104 N/m²
PMA-2  Cass.  étoile 1,2 cm² / 2,5 cm² 7 – 15 kg 120 . 104 N/m²
PMA-3 Osc. F 11 cm 8 – 20 kg 20 . 1044 N/m²
MK7 (AT) Bel. 2X imp 200 cm² 2 X 150-275 kg 2 X 14. 104 N/m²

       Tableau : caractéristiques du dispositif de déclenchement de quelques mines d'après JANE'S "Mines and Mine Clearance", fourth Edition (1999-2000), ed. Colin KING
Afin de résister aux explosions, deux variantes sont utilisées dans certaines mines : le plateau est monté sur une rotule et la force sur le plateau doit être dissymétrique pour provoquer le déclenchement (Osc.). Ou bien, un dispositif pneumatique évite le déclenchement par une impulsion mécanique de durée brève (Ress. + pneu.). La mine antichar nécessite deux pressions successives (2X imp.) afin d'être déclenchée (résistance au déminage par rouleau).
La mine a été généralement enterrée manuellement sous une faible épaisseur de sol (moins de 5 cm). Après un séjour de quelques dizaines d'années dans le sol, il se peut que la mine se trouve sous une plus grande profondeur et qu'une épaisseur de végétation assez importante se soit développée. Les normes de déminage définissent que l'élimination de toutes les mines et engins explosifs doit être réalisée jusqu'à une profondeur de 20 cm (en général).
Les pressions de déclenchement sont presque toutes situées entre 1.104 N/m² et 20.104 N/m² ; dans le cas particulier de la PMA-2, le plateau de pression en forme d'étoile ne fonctionne que s'il n'est pas enterré. Cependant, les exigences du déminage font qu'il faut être en mesure de l'éliminer même si elle est profondément enterrée.

Mise en place des mines

Les mines sont généralement mises en place individuellement ; il existe aussi des mines dispersables, qui sont lancées en grande quantité à partir d'un aéronef ou d'un canon et qui s'amorcent automatiquement quand elles sont tombées ; elles ne sont pas enfouies dans le sol. L'établissement des champs de mines (généralement AC) est mécanisée et est réalisée par un engin enfouissant les mines. Ces champs de mines sont à destination militaire dans une guerre "conventionnelle".

État actuel du problème des mines

La situation paraît en cours d'amélioration ; des efforts restent cependant à faire. La campagne internationale pour l'interdiction des mines a produit la mise à la signature du protocole de Ottawa, qui est ratifié par de nombreux pays. Pour voir l'état actuel du problème des mines et les résultats des efforts de déminage, on peut consulter le site de la campagne internationale pour l'interdiction des mines (ICBL)