La presse

Copies d'articles parus dans la presse à propos de l'association ARTID (ex-DENEMINE)



 

"l'Alsace" du 10 novembre 1998


Le combat du chercheur retraité

René Joecklé, 60 ans, ancien chercheur à l'ISL de Saint-Louis, veut, à travers une association, mettre ses connaissances et le potentiel scientifique de la Regio au profit des organisations qui luttent contre les mines antipersonnel.

« LES MINES antipersonnel qui tuent ou mutilent des populations civiles et parmi elles, des enfants, me révulsent.»

A l'Institut franco-allemand de recherches de Saint-Louis, l'ISL, spécialisé dans les études fondamentales pour l'armement, René Joecklé a participé deux années à un projet, « DéMiNe », qui développe de nouvelles méthodes, comme, entre autres, la sismo-holographie et l'acoustosismique pour détecter et neutraliser des mines antipersonnel. « Je maîtrise les connaissances de physique nécessaires à ces techniques de déminage. Ces compétences ne doivent pas dormir, alors que le problème subsiste », ajoute le chercheur qui est à la retraite depuis peu. « Les techniques de déminage sont primaires et onéreuses. Si le dispositif ne coûte que 10 dollars environ, il en faut 1000 pour le détecter et l'enlever. Les techniques sont lentes (2 à 5 m² par démineur et par jour) et dangereuses (un accident de déminage toutes les 20 000 mines sur les 100 000 détectées annuellement). Il y a mieux à faire. C'est pour ce mieux que je crée l'association Denemine Regio ».

LE POTENTIEL DE LA REGIO

Ainsi, René Joecklé s'est lancé dans le combat qui mobilise depuis un an des organisations non-gouvernementales (ONG), des hommes d'affaires, des fabricants de systèmes de détection et de neutralisation, des chercheurs et techniciens attelés à la création et au développement de nouveaux procédés, plus performants et moins coûteux. Car un fort potentiel de recherches existe dans la Regio, c'est-à-dire dans le sud de l'Alsace, dans le Pays de Bade sud et dans les cantons de Bâle, avec des universités, des organismes de recherche publics et privés et des départements de recherche industrielle. « Il va falloir informer les milieux scientifiques qui ne s'occupent pas de déminage, former des équipes de recherche autour de ce thème, réaliser des études scientifiques dans différents laboratoires, leur trouver un financement, monter des projets au niveau de la Communauté européenne, de l'ONU, des ministères des Affaires étrangères et de la Défense, mettre les résultats des études à disposition des organismes qui font du déminage. Le programme est ambitieux. Je ne suis pas sûr de réussir. Mais j'essaie.»

D'ABORD L'HUMAIN

Les mines antipersonnel indétectables, à l'enveloppe plastique, sont posées à des fins terroristes, surtout dans les pays en voie de développement, qui ne peuvent les retirer, faute de ressources. « Car dépolluer coûte cher en argent, en temps, en blessures ou vies humaines », ajoute René Joecklé. En outre, elles interdisent à des populations d'occuper de larges zones. Les méthodes de détection (baïonnette, détecteur de masses métalliques, radar à pénétration de sol, infrarouge, odorat canin), d'identification (manuelle pour le démineur), de neutralisation (en retirant le détonateur), peuvent être améliorées, sinon remplacées. « L'ISL a les connaissances techniques », indique René Joecklé. « Mais comment ces mines sont utilisées, où, combien ont une médaille métallique qui permet de les détecter : ce sont les ONG, les militaires qui ont déminé, les organismes qui font du déminage humanitaire, qui le savent, le ministère de la Défense américaine, l'ONU. J'espère que tous ces organismes voudront bien participer à mon association ».

LA PASSION DE LA RECHERCHE

Denemine Regio veut favoriser la synergie entre tous ces acteurs, trouver des financements pour les doctorants et les stagiaires qui souhaitent faire du déminage humanitaire ou encore effectuer des études d'essai et de validation des techniques de déminage. Quant à ces motivations, René Joecklé est déterminé quand il les exprime : « La recherche est ma passion. Mes compétences doivent servir. Quand je travaillais pour l'armement, je pensais faire mon devoir de citoyen français qui défend son pays. Retraité, mon devoir sera d'aider l'humain. A la Semaine de la science à Colmar, où j'ai tenu un stand, j'ai rencontré un ancien militaire qui a fait du déminage. Il pourra apporter une précieuse expérience sur le terrain aux scientifiques. Je ne cherche pas des cotisants, mais des techniciens, des scientifiques, des personnes qui connaissent le problème des mines. Mais aussi des responsables politiques, pour mettre ne place les moyens matériels ». Peut-être sera-t-il aussi agréablement surpris par le succès de son initiative que l'avait été l'Américaine Jodi Williams, prix Nobel de la paix en 1997, qui avait vu 125 états signer le traité d'Ottawa, il y a presque un an...

E-mail de Denemine Regio : denemine@newel.net ; site Internet : www.newel.net/particulier/denemine

Mifa PIVOT-SMIGIELSKI

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Supplément "temps libéré" du journal "l'Alsace" du 15 novembre 1999


Les "bras cassés" du déminage humanitaire

A 61 ans, René Joecklé, chercheur retraité de l'ISL (Saint-Louis), joue " les bras cassés " contre les mines antipersonnel qui tuent les populations civiles. Son credo : la recherche dans les structures existantes.

Ceux qui se promènent dans la petite Camargue alsacienne, à Saint-Louis-la-Chaussée, ont une pensée émue pour les retraités qui ont tant œuvré pour son aménagement, baptisés " les bras cassés ", nom donné aux travailleurs des chemins de fer de jadis. dont les bras étaient effectivement " cassés ". après avoir charrié des tonnes de charbon pour alimenter la locomotive ! A son tour, René Joecklé, chercheur retraité à l'Institut de recherche franco-allemand sur l'armement de Saint-Louis (ISL), à 61 ans, a saisi à bras le corps son temps libre pour un travail humanitaire, à forte dominante scientifique.
 

Recherche fondamentale


" Les mines antipersonnel qui tuent ou mutilent des populations civiles et parmi elles, des enfants, me révulsent" dit-il. A l'ISL, il a déjà participé durant deux ans à un projet, " DéMiNe ", qui développe de nouvelles méthodes, comme, entre autres, la sismo-holographie et l'acousto-sismique, pour détecter et neutraliser des mines antipersonnel "Je maîtrise les connaissances de physique nécessaires à ces techniques de déminage. Ces compétences ne doivent pas dormir, alors que le problème subsiste", ajoute le Jeune retraité. " Les techniques de déminage sont primaires et onéreuses. Si le dispositif ne coûte que dix dollars environ, il en faut mille pour le détecter et l'enlever. Les techniques sont lentes (deux à 5 m² par démineur et par jour) et dangereuses (un accident de déminage toutes les cinq mille mines sur les cent mille détectées annuellement). Il y a mieux à faire. C'est pour ce mieux que je crée l'association de recherches de techniques innovantes en déminage humanitaire, " ARTID "." Précisons que l'initiative de départ avait pour appellation " DENEMINE " (1)

Une association en voie de constitution, qui a sa spécificité. "D'abord, la finalité est strictement humanitaire. Nous ne gagnons pas d'argent. Notre action sera permanente. Nous n'avons ni objectif bien précis, ni délai défini. C'est une recherche fondamentale de techniques nouvelles, qui n'est pas sûre d'aboutir. Les programmes de recherche et de développement de l'union européenne, de l'ONU, assortis de délais et d'objectifs précis, ne peuvent intégrer une recherche d'idées nouvelles. Limités, ils ne peuvent prendre le risque d'une recherche qui n'aboutirait pas. La recherche souffre de cette technicité. Nous avons besoin d'une ou de deux équipes de "bras cassés", allemands, français ou suisses, techniciens, démineurs, bénévoles. politiques, décideurs, connaissant le sol, ou doués sens pratique. "

Le potentiel de la REGIO

Ainsi, René Joecklé s'est lancé dans le combat qui mobilise depuis un an des organisations non gouvernementales (ONG), des hommes d affaires, des fabricants de systèmes de détection et de neutralisation, des chercheurs et techniciens attelés à la création et au développement de nouveaux procédés, plus performants et moins coûteux. Car un fort potentiel de recherches existe dans la REGIO, c'est-à-dire dans le sud de l'Alsace, dans le Pays de Bade sud et dans les cantons de Bƒle, avec des universités des organismes de recherche publics et privés et des départements de recherche industrielle. "II va falloir informer les milieux scientifiques qui ne s'occupent pas de déminage, former des équipes de recherche autour de ce thème, réaliser des études scientifiques dans différents laboratoires, leur trouver un financement, monter des projets au niveau de l'Union Européenne, de l'ONU, des ministères des Affaires Etrangères et de la Défense, mettre les résultats des études à disposition des organismes qui font du déminage. Le programme est ambitieux. Je ne suis pas sûr de réussir. Mais j'essaie. "

Les mines antipersonnel indétectables, à l'enveloppe plastique, sont posées à des fins terroristes, surtout dans les pays en voie de développement, qui ne peuvent les retirer, faute de ressources. "Car dépolluer coûte cher en argent, en temps, en blessures ou en vies humaines." En outre, elles interdisent à des populations d'occuper de larges zones. Les méthodes de détection (baïonnette, détecteur de masses métalliques, radar à pénétration de sol, infrarouge, odorat canin), d'identification (manuelle pour le démineur), de neutralisation (en retirant le détonateur), peuvent être améliorées, sinon remplacées.

Aujourd'hui, l'humain

" Comment ces mines sont utilisées, où, combien ont une médaille métallique qui permet de les détecter : ce sont les ONG, les militaires qui ont déminé, les organismes qui font du déminage humanitaire, le ministère de la Défense américaine, l'ONU, qui le savent. J'espère que tous ces organismes voudront bien participer à mon association. "

"ARTID" veut favoriser la synergie entre tous ces acteurs, trouver des financements pour les thésards et les stagiaires qui souhaitent faire du déminage humanitaire ou encore effectuer des études d'essai et de validation des techniques de déminage, proposer des travaux à la portée des étudiants de BTS et de DUT techniques. René Joecklé et un chercheur allemand, Axel Köneke, ont eu des contacts avec des scientifiques suisses, à Lausanne, avec des scientifiques allemands du Rotary de Mulheim-Badenweiler, qui participent à une action internationale "Mine-ex", pour financer la production de prothèses. Quant à ses motivations, le retraité est déterminé quand il les exprime: "La recherche est ma passion. Mes compétences doivent servir. Quand je travaillais pour l'armement, je pensais faire mon devoir de citoyen qui défend son pays. Retraité, mon devoir sera d'aider l'humain."

Souhaitons lui d'ˆtre aussi agréablement surpris par le succès de son initiative que l'avait été l'Américaine Jodi Williams, prix Nobel de la Paix en 1997 , qui avait vu 125 états signer le traité d'Ottawa, il a presque deux ans..

Mifa PIVOT-SMIGIELSKI

(1) Denemine, association de recherche de techniques innovantes en déminage humanitaire. René Joecklé, 8 rue des Roses, 68 300 Saint-Louis Tel Fax 03.89.69.81.11
E-mail : denemine@newel.net Site Internet : www.newel.net /particulier/denemine.
 

Un pari

En décembre 1997, 125 états ont signé à Ottawa, au Canada, le traité interdisant l'emploi, le stockage, la production et le transfert de mines antipersonnel, utilisées à des fins terroristes contre les populations civiles. Les Etats-Unis, la Russie, la Chine, l'Inde, le Pakistan, l'Irak, l'Iran, la Libye, Israël et Cuba, n'y ont pas adhéré.

Il y 1l0 millions de mines antipersonnel dans 64 états, et 2 millions de nouvelles mines sont encore posées chaque année. On élimine 100 000 mines par an, des opérations délicates qui causent un accident de déminage toutes les 5000 mines détectables (avec capsule métallique). Chaque mois, 1000 personnes sont victimes d'une explosion de mine dans les populations civiles, des enfants, des agriculteurs, des travailleurs dans les chantiers, par explosion.

Il faudrait 1000 ans, à condition de ne plus en poser, pour éradiquer ce fléau mortel au mutilant. Le délai accordé à Ottawa aux états signataires pour éliminer les mines est de 10 ans, 20 ans pour les plus touchés. 

Le pari humanitaire est de taille..

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Traduction de l'article du CHEMISCHER RUNDSCHAU (23 avril 1999)


Une nouvelle association réunit du savoir-faire de toutes spécialités

Dans la région du Rhin supérieur, une association de recherche doit apparaître dans le domaine du déminage humanitaire. On recherche des scientifiques, des techniciens, des ingénieurs de toutes spécialités qui voudraient adhérer à l'association DENEMINE (voir note ci-après) (DEtection et NEutralisation de MINES)

L'institut Franco-Allemand de Saint-Louis (ISL), qui effectue en Alsace des recherches fondamentales dans le domaine de la Défense, a montré à de multiples reprises qu'il sait mettre aussi ses connaissances à profit pour des finalités civiles : avec HOLO3, qui s'occupe de transfert de technologies ISL dans le domaine de la technique laser et de l'holographie, ainsi qu'avec PIEZOTECH, qui élabore des capteurs piézoélectriques foliaires.

Les chercheurs de l'ISL ont aussi des connaissances en déminage. Cette fois-ci, le transfert devrait s'effectuer par le biais d'une association. L'élément moteur est le chercheur scientifique René Joecklé, en retraite depuis 8 mois. Il a participé à l'ISL à des projets de déminage et dit : "trop peu de recherches fondamentales sont effectuées dans le domaine du déminage humanitaire. Les contrats de recherche sont généralement passés à l'industrie et sont fortement liés à des développements."

Avec l'association DENEMINE, Joecklé voudrait mettre en contact des chimistes, des biologistes, des physiciens, des ingénieurs, des hommes de laboratoire etc. avec les chercheurs de l'ISL. Ensemble, ils pourraient développer des concepts , des projets, des programmes de recherche, trouver des moyens financiers pour la recherche, échanger des connaissances entre les démineurs et les scientifiques, ainsi qu'avec les ONG.

La difficulté de l'affaire : l'adhésion de l'ISL en tant que membre de l'association n'est pas du tout assurée. Volker WEGNER, adjoint scientifique à la direction de l'ISL, explique : "nous soutenons l'association mais devons cependant auparavant en étudier la situation juridique et obtenir l'autorisation des Ministères de la Défense. Son collègue Paul SMIGIELSKI dit "La mise à disposition du Know-how de l'ISL - à titre gracieux ou onéreux - sera discutée au cas par cas".

La détection des mines s'effectue en utilisant des méthodes physiques, chimiques ou biologiques utilisant leurs caractéristiques spécifiques telles que les matériaux les constituant, leur forme ou la composition chimique de l'explosif. Il n'existera cependant jamais de solution unique, car les mines sont très différentes entre elles, ainsi que l'influence sur la détection du terrain, de la végétation et le climat.

Le spectre s'étend de la physique jusqu'à la biotechnologie

Les idées et utilisations vont des détecteurs de métaux, qui fonctionnent suivant divers principes mais ne peuvent pas détecter des mines en plastique, à diverses methodes physiques telles que les technologies rayons X ou faisceaux de neutrons, radar à pénétration dans le sol, spectroscopie photoacoustique, résonance nucléaire quadripolaire qui détecte les molécules contenant de l'azote ; tous ces dispositifs devant être montés sur des véhicules blindés, des robots télécommandés ou des appareils tenus à la main.

On recherche aussi dans toutes les directions des méthodes de détection chimiques et biochimiques, qui nécessitent parfois une extraction, une concentration ou une amplification chimique des traces d'explosif. On utilise par exemple des colorants fluorescents sur fibres optiques, qui réagissent au 2,4,6-trinitrotoluol (TNT), à ses impuretés ou à d'autres molécules d'explosifs, ou alors des polymères qui répondent au TNT. Il existe même des applications moléculaires ou microbiologiques : par exemple, des gènes récepteurs au TNT doivent être implantés sur la mouche drosophile du fruit. Certaines bactéries peuvent détruire les matériaux explosifs...

L'ISL, par exemple cherche si les techniques sismographiques peuvent être adaptées à la détection. "Il s'agit de recherche fondamentale " précise le chercheur Pierre NAZ "et cela ne va pas forcément devenir plus concret" .

Une équipe de l'Institut de chimie physique et théorique de l'Université de Tubingen, autour de Wolfgang GÖPEL effectue des recherches à propos du nez électronique. Les chercheurs sont rattachés au programme de l'Union Européenne NOSE (network of excellence on artificial olfactory sensing) et montent des dispositifs d'enrichissement et divers senseurs tels que des détecteurs à oxyde métallique, électrochimiques, supramoléculaires, etc "non pas un détecteur, mais la connexion et l'étalonnage de divers systèmes de détection et la comparaison des réponses caractéristiques donne accès à la détection de molécules spécifiques comme le TNT, qui n'existent qu'à l'état de traces et sont recouvertes dans la nature par le fumier (les engrais azotés), les pesticides, etc." explique GÖPEL.

La banque de données EUDEM (www.eudem.vub.ac.be) donne un aperçu complet des technologies actuelles du domaine du déminage humanitaire. Elle est ce qui reste du projet "DeTeC" (demining technology center) de l'Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL), projet limité en temps, qui s'est arrêté en décembre 1997 ; elle continue d'être actualisée par des scientifiques de l'Université Libre de Bruxelles et de l'EPFL.

auteur : Beate Peisler - Sutter (traduction : René Joecklé)


 

Une occasion pour soigner son image «Celui qui creuse un fossé pour un autre, y tombe lui-même» : on estime que 120 millions de mines sont disséminées comme souvenirs de conflits militaires dans plus de 60 pays et font une victime toutes les 20 minutes. Ceci provoque des souffrances, des coûts sociaux, ralentit la reconstruction et paralyse l'économie dans les pays touchés parle fléau.

Et les travaux de déminage humanitaire avec le but de nettoyer complètement le terrain sont lents, onéreux et dangereux. Par exemple, en 1995, 80000 mines ont été repérées et neutralisées ; dans le même temps, 2,5 millions de nouveaux pièges ont été installés. Le déminage total au rythme actuel durerait 1100 ans et coûterait 33 milliards de dollars... ... si aucune meilleure solution n'est apportée. 

La fondation de l'association de recherche est un pas dans la bonne direction. Mais comme pour chaque bonne idée, il faut aussi la vraie professionnalité. Claudio BRUSCHINI, de l'EPFL, qui a travaillé au projet DeTeC, conseille aux futurs membres de DENEMINE de s'informer au préalable sur les modes opératoires du déminage. Les organisations humanitaires réagissent souvent de façon sensible aux théories provenant de la recherche fondamentale, dit BRUSCHINI "Ils souhaitent surtout plus d'argent pour des démineurs, des détecteurs de métaux, des chiens etc., car cela fonctionne déjà, même lentement". Sans argent, rien ne marche cependant dans la recherche. Peut-être l'industrie chimique pourrait-elle utiliser cette occasion afin de soigner son image de marque, peut-être un des prix Nobel pourrait-il être affecté à une réalisation dans ce domaine ...

Beate PEISELER-SUTTER

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Quelques commentaires concernant ces articles

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A l'époque où ces articles ont été rédigés, l'initiative DENEMINE cherchait sa voie ; depuis, les choses ont évolué :

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Journal "l'Alsace", 9 mars 2000

Chercheurs en déminage humanitaire

110 millions de mines antipersonnel terrorisent les populations civiles de 64 pays. A Saint-Louis, une association dénommée Artid se lance dans un combat de déminage humanitaire très spécifique.

L'Américaine Jodi Williams, Prix Nobel de la Paix en 1997, avait eu la très heureuse surprise de voir 125 états signer le Traité d'Ottawa, dont elle avait eu l'initiative, interdisant l'emploi, le stockage, la production et le transfert de mines antipersonnel utilisées à des fins terroristes contre les populations civiles. René Joecklé, ancien chercheur à l'Institut de recherches sur l'armement franco-allemand de Saint-Louis (ISL), n'en espère pas autant. Néanmoins, son projet de déminage humanitaire avance sensiblement.

Recherche fondamentale

En effet, l'association Denemine, dont nous avions parlé dans nos pages régionales le 10 novembre 1998, a déposé ses statuts le 28 janvier dernier sous le sigle Artid (association de recherches de techniques innovantes en déminage humanitaire). « Nous constatons, explique Axel Köneke, chercheur allemand à l'ISL, spécialisé dans le traitement de l'image, que les techniques actuelles de déminage sont peu évoluées - détecteur masses métalliques, radar à pénétration de sol, infrarouge, odorat des bergers allemands - et que les opérations de déminage humanitaire sont lentes, dangereuses, à l'aide de baïonnette ou de sonde manuelle, coûteuses.» Pour une mine détectée, on compte 100 fausses alarmes. Un démineur opère sur 2 à 5 m² par jour, et l'on déplore 20 démineurs tués chaque année. Si une mine («l'arme des pauvres ») coûte 20 FF, le déminage se chiffre en milliers de dollars. De surcroît, les mines antipersonnel touchent les pays pauvres qui n'ont pas les moyens de se payer les techniques de déminage. C'est pourquoi Artid cible les recherches scientifiques pour l'étude et le développement de nouvelles techniques de détection, d'identification et de neutralisation de mines antipersonnel, tout en assurant la synergie entre les groupes de travail, les centres de recherche de la Regio, et en proposant ces nouvelles techniques aux organismes impliqués dans le déminage humanitaire. Un principe de recherche fondamentale qui n'existe ni dans les programmes de l'Union Européenne, ni dans ceux de l'ONU, soumis à des exigences préindustrielles. Ce n'est pas le cas des dix chercheurs, ancien chercheur, ou administratif de l'ISL de l'association Artid (l'ISL en sera vraisemblablement membre). « C'est pour remédier à cette carence que j'ai eu l'idée de lancer cette association », explique René Joecklé.

Nouvelles pistes

Pour la recherche, le creuset Regio TriRhena (Alsace sud, Pays de Bade sud, cantons de Bâle) est très riche : universités, organismes de recherche publics et privés, recherche industrielle. « Il ne s'agit pas de faire de chaque scientifique un démineur, mais de l'amener à faire des recherches sur de nouvelles techniques de déminage.» Les pistes sont là et sont explorées. Pour René Joecklé, c'est la détection active avec de l'eau chaude et la mesure de l'élévation de la température du sol. Pour Paul Smigielski, fondateur d'Holo 3, et en voie de création d'un pôle de métrologie, c'est le laser, l'holographie et l'odorat artificiel. Pour Axel Köneke, c'est un mélange de plusieurs techniques. Les premiers contacts sont pris : ONG suisses, scientifiques de Lausanne, politiques locaux. Le district des trois frontières offre pour sa part une salle de réunion. « Nous trouverons le support si nous poursuivons l'idée », conclut avec un optimisme réaliste Axel Köneke. Les petits ruisseaux ne font-ils pas de grandes rivières ?

SE RENSEIGNER Association de recherche de techniques innovantes en déminage humanitaire (Artid). René Joecklé, président : 8 rue des Roses, 68 300 Saint-Louis.

SITE INTERNET : www.newel.net/particulier/denemine (maintenant remplacé par www.artid.org)

email : denemine@newel.net

MIFA PIVOT-SMIGIELSKI

 

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journal "l'ALSACE" vendredi 22 décembre 2000

CONCOURS

Des idées qui déminent

Le 31 décembre, les inscriptions à Brain storMINE, concours d'idées novatrices pour le déminage humanitaire sur Internet, seront closes.

Constituée en mars dernier, Artid, l'association de recherches de techniques innovantes en déminage humanitaire a lancé un concours d'idées pour le déminage humanitaire, Brain storMINE via Internet. Selon le souhait du professeur Bolmont, directeur du laboratoire de physique et spectroscopie électronique de Mulhouse, ce concours s'adresse aux jeunes, étudiants ou chercheurs en sciences et en technologie, dans tous les secteurs (« Les idées novatrices, on les trouve chez les jeunes », estime-il). Mais pour René Joecklé, retraité de l'Institut de Saint-Louis (ISL), président fondateur de Artid, « les jeunes, ça va de 9 à 99 ans aujourd'hui? ! »

Dans tous les secteurs

Car chacun peut trouver des solutions aux problèmes posés par le déminage humanitaire. Participation urgente, lorsque l'on sait que mille enfants, agriculteurs, travailleurs de chantiers, sont tués ou mutilés chaque mois dans le monde par les mines antipersonnel. Les actuelles techniques de déminage sont lentes, dangereuses, coûteuses. Il s'agit de trouver une idée qui améliore un aspect du problème technique (rapidité, sécurité, fiabilité, coût), et de présenter le dispositif, son fonctionnement, les études de mise au point à effectuer. Le projet doit s'insérer dans les procédures connues de déminage : nettoyage de la végétation, repérage et élimination des mines de surface, détection des mines enterrées, identification et neutralisation des mines enterrées, élimination mécanique des mines, contrôle de qualité. Le jury, composé de scientifiques, démineurs, membres d'organisations humanitaires, politiques, chercheurs, enseignants, attribuera trois prix : meilleure idée innovante (10 000 F), meilleur travail collectif (5 000 F), meilleur travail individuel (5 000 F). Parrains de l'opération : rectorat de l'académie de Strasbourg, CNRS Alsace, conseil général du Haut-Rhin, conseil régional, ville de Saint-Louis, ainsi qu'Hubert Curien, ancien ministre de la Recherche et de l'Industrie. Les inscriptions, gratuites, sont attendues jusqu'au 31 décembre. Les travaux seront envoyés par courrier électronique le 1er mai 2001. Une cérémonie de remise des prix, vraisemblablement à La Coupole de Saint-Louis, clôturera cette expérimentation. Jeunes (jusqu'à 99 ans !), à vos cerveaux !

S'INSCRIRE Sur Internet : tous les détails concernant le concours lancé par Artid (règlement, formulaire d'inscription, informations détaillées sur les mines et le déminage) se trouvent sur le site : www.artid.org E-mail : association@artid.org . Artid, 8 rue des Roses, 68 300 Saint-Louis.

Mifa Pivot-Smigielski

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Dernières Nouvelles d'Alsace, Samedi 20 Janvier 2001.

Déminage humanitaire

par Claire ISAMBERT


Un effort de recherche scientifique et technique est nécessaire pour améliorer les méthodes de déminage.


Un fort potentiel de recherche et une tradition humaniste existant dans la région des trois frontières, des scientifiques de Saint-Louis ont créé une association à finalité humanitaire, l'ARTID (Association de recherches de techniques innovantes en déminage humanitaire). Son but : mettre des informations à la disposition de la communauté scientifique, définir des thèmes d'études, lancer les recherches et organiser la synergie des laboratoires, oeuvrer en liaison et au profit des organismes impliqués.  Un concours d'idées Brain StorMINE a été lancé auprès des jeunes (étudiants et monde du travail) pour développer une idée novatrice permettant d'améliorer un aspect du problème technique du déminage (participation individuelle ou collective) : nettoyage de la végétation, repérage et élimination des mines de surface, détection des mines enterrées, élimination mécanique des mines, contrôle de qualité.  Les participants proposeront une amélioration de l'efficacité du déminage en termes de rapidité, sécurité, fiabilité et coût. La technique proposée devra s'insérer dans les procédures de déminage existantes.  Clôture des inscriptions le 31 janvier. Envoi des travaux par courrier électronique le 1er mai. Premier prix de 10 000 F offert par le conseil général du Haut-Rhin, prix du meilleur travail collectif : 5 000 F ; prix du meilleur travail individuel : 5 000 F. Informations sur le site www.artid.org


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Journal "l'Alsace" du 21 octobre 2001, édition de Mulhouse


"Une mine de connaissances"


Au village des sciences, installé ce week-end place de la Réunion, on peut rencontrer beaucoup de sympathiques scientifiques. Parmi eux, des chercheurs en techniques innovantes de déminage.

FAIRE un tour au village des sciences permet de se plonger dans l'univers scientifique sans ressentir une once d'ennui. Sous cette grande tente montée place de la Réunion, accueilli par des « grosses têtes » qui ont gardé les pieds sur terre, on découvre le rôle concret des sciences, on expérimente et on fait travailler ses petites cellules grises. En cette période troublée, où l'Afghanistan et ses milliers de mines antipersonnel sont à la une de tous les journaux, un stand attire tout particulièrement l'oeil. L'association de recherche de techniques innovantes en déminage humanitaire (ARTID) regroupe essentiellement des anciens de l'ISL, l'institut franco-allemand de Saint-Louis. Présidée par René Joecklé, elle veut inciter les scientifiques à faire travailler leur imagination sur la question du déminage. « La méthode classique, c'est la "poêle à frire", le détecteur de métaux qui permet de localiser la mine, explique M. Joecklé. Par la suite, on creuse doucement autour pour pouvoir la sortir. Ensuite, soit on fait exploser la mine, soit on la désamorce. Le problème de cette technique c'est qu'elle est primitive, très lente et dangereuse. Former un démineur, c'est facile, cela prend une semaine. Mais on compte environ un accident toutes les 5000 mines trouvées. » Si un effort assez conséquent est fait en matière de recherche-développement pour la mise au point de méthodes plus efficaces, ces résultats sont minces, aucun des programmes n'ayant été appliqué sur le terrain. « Le problème de la recherche sur le déminage, c'est qu'elle n'est pas rentable, précise M. Joecklé. Aussi, on essaie d'avoir une autre approche. On se met dans une mentalité d'ONG pour échapper aux lois du marché. »

Brain StorMine

L'association agit auprès des étudiants pour qu'ils s'intéressent à la question. « A l'IUT de Mulhouse, il y a trois ou quatre groupes d'étudiants qui vont faire des projets pour le perfectionnement des sondes manuelles. » Un concours Brain StorMine est lancé dans le monde scientifique. Bien, mais comment pourrait-on déminer autrement ? « Et bien par exemple, on peut projeter par terre de l'eau chaude. En fonction de ce qu'elle rencontre dans le sol, la pénétration de l'eau dans le sol est retardée. Là, où il y a un obstacle, la terre reste donc plus chaude à la surface. Avec une caméra thermique, on peut visualiser les zones de chaleur. » Et donc repérer une mine.

Y ALLER La fête de la science se poursuit cet après-midi, de 13 h à 18 h place de la Réunion. L'entrée est libre. A 16 h : conférence sur les nanotechnologies, présentée par Carole Ecoffet, chargée de recherches au CNRS.

CONTACTER ARTID, 8, rue des Roses, 68 3000 Saint-Louis. E-mail : associationAartid.org. Site internet : www.artid.org

Les membres de l'association proposent aux visiteurs d'essayer les techniques traditionnelles de déminage.

Photo Christine Hart

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Mercredi 31 octobre 2001 - l'Alsace - page 22 (page REGION +)

GROS PLAN - Science et conscience qui déminent

Chercheur retraité de l'Institut franco-allemand de recherches pour l'armement (ISL), à Saint-Louis, René Joecklé poursuit la lutte de son association de recherches de techniques innovantes en déminage humanitaire (ARTID) : « La mine antipersonnel, c'est l'arme des lâches, l'arme des terroristes. Des dizaines de millions de mines antipersonnel terrorisent les populations des pays pauvres ». Il s'agit, dans cette Regio trinationale, France, Allemagne, Suisse, de tradition humaniste, riche en chercheurs, d'induire des projets de recherches dans les structures existantes, universités, instituts publics, privés, départements de recherche industrielle, laboratoires.

10 000 victimes de moins

En lien avec les organisations non gouvernementales, regroupées en un collectif (ICBL : campagne internationale pour interdire les mines), lauréat du Prix Nobel de la Paix 1997, qui vient de publier le rapport un peu encourageant de l'Observatoire des mines (entre autres, 10 000 victimes de moins en l'an 2000), ARTID a lancé un concours d'idées pour améliorer les techniques de déminage auprès des jeunes scientifiques, Brain StorMINE, avec le soutien du Conseil Général de la ville de Saint-Louis, de la Région, du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), de l'Académie d'Alsace, de Hubert Curien, ancien ministre de la Défense, qui sera clos en décembre prochain. Catherine Ganaye, proviseur Vie Scolaire au Rectorat, a donné le feu vert pour les lycées, les Instituts Universitaires de Technologie (IUT) et les Brevets de Techniciens Supérieurs (BTS). René Joecklé a commencé la tournée des établissements alsaciens, pour proposer aux élèves-ingénieurs ou élèves-techniciens supérieurs, et pourquoi pas aux lycéens, de choisir pour leurs projets des sujets qui traitent de l'amélioration d'une technique de déminage. Bernard Schlegel, directeur d'études de l'IUT de Mulhouse, département de gestion mécanique et productique, a déjà mis en place six équipes de deux étudiants, pour l'amélioration du sondage manuel. « Nous apportons aux étudiants les connaissances utiles pour démarrer. Nous les emmenons à Angers, au centre Minex de l'Ecole Supérieure d'Application du Génie (ESAG), qui forme les cadres du génie aux techniques de déminage, pour qu'ils voient comment s'opère le déminage ». Le président conclut : « Quand je travaillais pour l'armement, je pensais faire mon devoir de citoyen français qui défend son pays. Retraité, ma tâche est désormais d'aider l'humain ».

Mifa Pivot-Smigielski

EN 1997 125 états ont signé à Ottawa l'éradication en dix ans de l'emploi, du stockage, de la production et du transfert de mines antipersonnel utilisées à des fins terroristes contre les populations civiles. USA, Libye, Israël et Cuba, n'ont pas adhéré.
Le concours Brain StorMINE organisé par ARTID demande aux participants de développer une idée novatrice pour améliorer un aspect du problème technique du déminage humanitaire. Ce concours peut constituer une activité scolaire dans le cadre des « actions éducatives et innovantes à caractère scientifique et technique ».
Dossiers de candidature jusqu'au 31 décembre 2001. Prix de 1.524,25 Euros (10.000 F) à 762,25 Euros (5.000 F).
Association de recherches de techniques innovantes en déminage humanitaire
. René Joecklé 8 rue des Roses 68 300 Saint-Louis
e-mail : association@artid.org
Site Internet : www.artid.org Tél. 03 89 69 81 11

photo illustrant l'article :
René Joecklé, président d'ARTID : « La mine antipersonnel est l'arme des lâches et des terroristes ».

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